Et si je n’avais rien à prouver ?
C’est la rentrée et je sens que j’entre dans une nouvelle énergie. Dans un nouvel éveil.
Je me sens plus légère, plus alignée, plus libre.

J’ai longtemps considéré le yoga comme un passe-temps. Dans ma manière d’en parler, dans ma façon de le présenter. J’ai fait du yoga parce que c’est quelque chose que j’ai en moi depuis longtemps, sans avoir vraiment le courage de m’engager dans cette voie.
Je dis courage parce que j’avais la certitude que ce n’était pas une voie stable et sécurisante pour moi.
Ma vision de la vie (remplie d’ego sans que je le sache à l’époque) devait correspondre à une certaine idée de la réussite : une réussite sociale et professionnelle sécurisante.
Un cadre rassurant et professionnel. Quelque chose de concret sur lequel s’appuyer. Des diplômes reconnus, les avis de mes pairs, de mes professeurs, de mes collègues.
Et puis, côté famille : un mari présent et fidèle, les enfants.
Et du matériel : la maison, les voitures, le chat, chien, le potager, etc.
Les cases se cochent au fur et à mesure que les années passent.
Avec une grande fierté. Avec contentement.
Le problème avec cette vision, c’est que lorsque l’une des fondations vacille, se fissure ou s’effondre, on est profondément déstabilisé.
Pourquoi je ne me reconnais plus ? Pourquoi cette colère ? Pourquoi est-ce si difficile ?
Je me sens mal parce que j’ai perdu mes repères, mon équilibre, mes fondations.
Pour moi, c’était surtout le travail. Ce sur quoi j’avais travaillé si longtemps. Mon indépendance. Mon titre de sécurité.
J’ai cherché à retravailler rapidement, mais les cases ne se cochaient plus aussi facilement.
C’était comme si quelque chose manquait, sans que je sache exactement quoi.
Puis, quand on pousse le bouchon trop loin dans ce qui ne nous convient pas…
Eh bien, parfois, le corps finit par lâcher. Les douleurs arrivent. Et avec elles, de nouveau, la frustration, la colère, la tristesse, les doutes et parfois la peur.
Puis mon anniversaire arrive. Et je me dis que c’est peut-être l’occasion de m’offrir ma formation de professeur de yoga. Je n’ai pas de travail qui me plaît. J’ai besoin de me reconnecter à mon corps. Et c’est une discipline que je pratique depuis longtemps.
Alors je me lance.
Les heures de cours passent. J’obtiens mon diplôme. Puis un autre. J’enchaîne les formations, les vidéos, les livres. Et pourtant, je ne me sens pas vraiment légitime. Je fais des séances gratuitement parce que je veux tester. Voir comment cela fonctionne.
Et puis quelque chose se passe. L’énergie partagée pendant ces cours est incroyable. Ça me remplit de joie. J’éprouve une immense gratitude d’être là, présente, et d’avoir la chance de faire ça. Les ateliers sont pleins. Je rencontre des personnes incroyables.
Seulement voilà : je n’arrive pas à me vendre. Je n’imagine même pas vraiment cela comme une activité professionnelle. Je résiste aux sirènes des formations Instagram qui, moyennant quelques centaines voire quelques milliers d’euros, promettent LA solution parfaite pour obtenir des revenus grâce à son activité, multiplier son chiffre d’affaires, passer de zéro à deux, voire à dix…Soyons fous. Mais 0 × 2 ou même 0 × 10… ça fait toujours 0.
Et je réalise que j’ai probablement un gros syndrome de l’imposteur. « Je ne vais quand même pas demander de l’argent pour ça ! », « Ce n’est que mon avis… »
Je n’ai pas de clients. Je ne gagne pas d’argent. Je n’ai pas envie d’un nouveau changement de carrière. Je n’ai pas envie d’être dépendante.
Bref… Ça ne fonctionne pas.
Et je vous partage mon estime de moi au plus bas. Je me disais que, de toute façon, j’étais nulle. Que je n’y arrivais pas. Que ça serait mieux si j’étais là, ou ici. Que j’étais mieux quand je travaillais là-bas. Que je ne servais à rien. Que je n’avais rien à faire. Que j’étais nulle à chaque fois que j’ouvrais la bouche. Pas très joli, tout ça.
Je m’en rends compte maintenant. Mais j’étais bloquée dans cette façon de penser. Tant que je ne gagnais pas « suffisamment », tant que je n’avais pas un métier que je considérais comme valorisant, je me sentais nulle.
Et surtout, je confondais complètement ce que je faisais avec ce que je valais.
Si je n’avais pas de réussite professionnelle à mes propres yeux, alors je n’avais pas de valeur. Si je ne rentrais plus dans les cases que je m’étais fixées, alors j’avais l’impression d’avoir raté quelque chose.
C’était violent, finalement, de se regarder avec aussi peu de bienveillance alors que je passais mon temps à apprendre aux autres à être plus douces avec elles-mêmes.
Et puis la vie met sur mon chemin une personne incroyable. Une personne qui assiste à mes cours et qui ne peut s’empêcher de relever la façon dont je parle de moi.
Elle me fait comprendre quelque chose de très simple : C’est bien d’offrir des moments de bienveillance envers soi-même aux autres... Mais c’est encore mieux de commencer par soi.
Elle est coach, la discussion est facile. Elle m’aide énormément.
Je travaille sur moi depuis plusieurs années, je ne pars donc pas de zéro. Mais grâce à elle, je fais un véritable pas de géant ! J’apprends à m’accepter comme je suis. Et surtout, je sors de l’image que j’avais de la réussite professionnelle. Et ça change tout.
J’accepte ce que je suis, où je suis, avec qui je suis et ce que je fais. J’assume, sans me dévaloriser, que ce que je propose vaut la peine. Et que cela peut aussi avoir une valeur financière. Aujourd’hui, quand je parle de yoga, je suis fière.
J’aime expliquer comment j’organise mes cours. J’aime partager ma façon de voir les choses, sans imposer une manière de faire.
Je propose ma vision, mon énergie, ma passion. Je sais que ce n’est pas parfait.
Je sais que ce n’est que ma proposition. Mais elle est sincère.
Et j’en parle désormais facilement. À tout le monde. Avec plaisir et avec passion. Et petit à petit les cours se remplissent. Je ne dis plus que le yoga est simplement un hobby. Je parle des huit membres du yoga (bientôt dans les prochains articles). De cette philosophie que j’essaie d’appliquer dans mon quotidien, certains jours mieux que d’autres. J’apprends à accepter les dualités qui sont propres à notre humanité, sans jugement et avec bienveillance.
Avec gratitude également. Gratitude pour le passé, pour le chemin parcouru, pour les rencontres, pour mes choix.
Et gratitude pour le présent. Pour l’endroit où je suis aujourd’hui. Pour les personnes qui m’entourent. Pour cette sensation d’être à ma place, quel que soit le lieu où je me trouve.
Alors cette semaine, j’ai envie de proposer des séances et des rencontres qui parlent de tout cela. De l’éveil. Du lâcher-prise. Du pouvoir intérieur que nous avons tous en nous.
Parce qu’aujourd’hui, je crois profondément que je suis là où je dois être. Et que je fais le métier que je dois faire, auprès des personnes qui vibrent sur la même fréquence.
En cette rentrée, certains voient peut-être leur quotidien chamboulé. Et particulièrement les nouveaux expatriés. Un nouveau pays. Une nouvelle maison. Une nouvelle école. De nouveaux repères. Parfois beaucoup de choses à gérer en même temps.
Et souvent, il suffit peut-être de changer légèrement sa façon de regarder les choses.
Lever quelques voiles pour laisser entrer la lumière.
Prendre du recul pour voir plus large.
Se laisser du temps pour trouver son rythme.
Lâcher certaines vieilles croyances pour laisser de la place à de nouvelles opportunités.
Ce n’est pas toujours facile. Et c’est toujours plus difficile de s’analyser soi-même que d’analyser les autres. Mais parfois, lorsque l’on accepte de se laisser porter un peu, lorsque l’on accepte de ne pas tout contrôler, on découvre que la vie peut nous apporter beaucoup plus que ce que nous avions imaginé.
Alors voilà, je ne propose pas de coaching (mais j’ai un très bon contact si jamais).
Moi, ce que je propose, c’est d’apaiser l’esprit en passant par le corps : le mouvement, la respiration et la méditation.
Parce que je crois profondément que l’on peut aussi prendre soin de son mental en revenant à son corps. Ralentir, respirer, bouger, observer, se reconnecter à soi… sans chercher à être parfaite, sans chercher à tout contrôler.
C’est ce que j’ai envie de transmettre dans mes cours : un moment pour soi, une parenthèse pour se reconnecter à son corps, calmer le mental et repartir un peu plus légère.
Cette semaine marque aussi la reprise de mes cours de Face Yoga et de Yoga Vinyasa.
Et je suis profondément heureuse de retrouver mes cours, mes élèves et cette énergie que nous partageons ensemble.
Merci à celles qui me font confiance.
Merci à celles qui tentent l’aventure.
Et merci à toutes celles que je croiserai sur mon chemin.
À très bientôt sur le tapis.
Maéva

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